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Des tests linguistiques compliquent la vie d’infirmières immigrantes

Radio-Canada, 2021-09-26

Des infirmiers formés à l’international soutiennent que les tests linguistiques qu’ils doivent passer pour obtenir le permis nécessaire à l’exercice de leur profession en Colombie-Britannique les poussent à se recycler dans d’autres domaines.

En pleine pandémie de COVID-19 et au moment où les services de santé sont débordés par l’afflux de patients, ces travailleurs de la santé se disent frustrés de ne pouvoir donner un coup de main.

Chez Anne Ignacio, tout le monde a été formé à la profession infirmière à l’étranger. Originaires des Philippines, ses parents et elle ont immigré au Canada il y a une dizaine d’années.

À leur arrivée, ils ont tenté à plusieurs reprises de passer le test de connaissance de l’anglais requis pour exercer leur profession en Colombie-Britannique, mais en vain. Les trois infirmiers diplômés ont fini par réorienter leur carrière.

Les notes requises aux examens d’anglais sont ridicules, soutient Anne Ignacio. Ils demandent une certaine note globale en plus de seuils dans chaque catégorie.

Une aventure coûteuse

Pour pouvoir exercer leur métier dans la province, les infirmiers formés à l’étranger doivent passer avec succès l’un des deux tests d’anglais reconnus.

L’Évaluation du niveau d’anglais canadien pour infirmières (CELBAN) ou le Système d’examen de l’anglais international (IELTS) coûtent entre 300 $ et 400 $ chacun et leurs résultats ne sont valides que pour deux ans.

Dans le cas d’Anne Ignacio, le test IELTS s’est, dans l’ensemble, bien déroulé, mais l’infirmière qui a travaillé en salle d’opération pendant deux ans avant d’immigrer a échoué par un demi-point dans l’une des catégories.

Après sa septième tentative, elle dit ne plus avoir les moyens d’essayer.

C’est là que j’ai décidé de faire autre chose, explique-t-elle. « À l’époque, j’avais un emploi qui ne payait que 13 $ l’heure et je n’étais pas à temps plein.

Pour Ramon, le père d’Anne, la tentative de qualification linguistique s’est soldée par le passage d’une carrière de dentiste et d’infirmier diplômé à un emploi dans une organisation qui vient en aide à des personnes aux prises avec des difficultés de développement.

Maria, la mère d’Anne, a rangé ses diplômes de science infirmière et de gestion hôtelière pour s’occuper de l’entretien ménager d’une résidence pour personnes âgées.

L’impression d’être mal préparé

Pourtant, avant de quitter les Philippines, les trois membres de la famille ont participé à un séminaire sur l’immigration dans lequel on leur a vanté les nombreuses occasions qui se présentent aux infirmières et aux médecins au Canada, parce que le pays a un besoin constant de professionnels.

Ce discours, Leilani Leonardo dit aussi l’avoir entendu avant d’immigrer au Canada, en 2011.

Quand elle a quitté Manille, aux Philippines, elle avait déjà travaillé pendant quatre ans en salle d’accouchement et en salle d’opération dans des hôpitaux de la capitale.

Elle raconte avoir passé le test linguistique à deux reprises avant qu’on l’informe qu’elle devrait également retourner sur les bancs d’école pendant quatre ans pour pouvoir exercer son métier au Canada.

J’ai tout laissé tomber, lance-t-elle. Le système est tellement compliqué et coûteux… et je devais encore payer les autres factures.

Après 10 ans à travailler dans d’autres domaines et maintenant que ses enfants ont vieilli, elle a décidé de renouer avec la profession infirmière et de tenter à nouveau d’obtenir son permis.

J’ai bon espoir. J’ai réussi à économiser un peu et je suis prête à me lancer à nouveau, ne serait-ce que pour prouver que je suis capable de le faire.

Faire changer les choses

L’enseignante d’anglais spécialisée en soutien aux professionnels de la santé formés à l’étranger Sara Jackson dit avoir vu plusieurs étudiants tenter de passer les tests linguistiques en vain avant de tout laisser tomber au bout de quelques années.

Ça me faisait mal de les voir coincés de la sorte, raconte-t-elle. Le système n’est pas conçu pour briser des vies, mais il le fait.

En 2019, elle a lancé une pétition en vue de faire baisser les exigences en matière de maîtrise de l’anglais. Je l’ai envoyée à tous les ordres d’infirmières du pays et au ministère de la Santé, explique-t-elle.

Dans une déclaration envoyée par courriel, le Collège des infirmières et des sages-femmes de la Colombie-Britannique dit travailler avec le ministère de la Santé et le Service national d’évaluation des infirmières afin de mettre à jour les processus d’évaluation et d’enregistrement.

Nous collaborons afin de maintenir les processus à jour, de protéger le public et de nous assurer que les normes sont respectées, explique le collège.

De son côté, le ministère provincial de la Santé dit, dans une déclaration écrite, être conscient des questions d’accessibilité, de coûts, d’exigences et de délais de traitement du dossier qui touchent les infirmiers immigrants.

Source: ICI Colombie-Britannique–Yukon

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