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La fin des jobines

 L’analyse est faite au Québec mais cela s’applique à toutes les autres provinces…

Des milliers de Québécois qui travaillaient dans des restos, des hôtels, des usines ou des magasins ont profité de la pandémie pour se réorienter. Cet exode mènera-t-il à la disparition des petits boulots difficiles et mal payés ? Et quel avenir attend les entreprises dont le modèle d’affaires repose sur une main-d’œuvre bon marché ?

Il existe un 11e commandement en Beauce, à respecter sous peine de vivre dans l’opprobre jusqu’à la fin des temps : les employés d’une autre entreprise tu ne piqueras point. « Chaudière-Appalaches, c’est un gros village ; si tu fais un coup de cochon, ça se sait vite et c’est gênant », m’avait expliqué mon ami Vincent Roy, fondateur de la boîte de dessins techniques RG Dessin Industriel, à l’occasion d’une rencontre à ses bureaux de Beauceville en janvier 2020.

Je préparais alors un reportage sur la pénurie de main-d’œuvre — jamais paru parce que la pandémie a tué la une, comme on dit dans le métier — et un arrêt dans son coin de pays tout en vallons s’imposait : la faible proportion de chômeurs y battait des records nationaux (seuls les chiens et les chats ne travaillaient pas, répétait-on) et les employeurs s’arrachaient les cheveux.

Deux ans plus tard, l’affaire ne s’est pas arrangée, ai-je constaté juste avant les Fêtes au royaume des entrepreneurs : presque 10 000 postes affichés ne trouvent pas preneur, un sommet historique dans la région, et le taux de chômage s’établit à 2,9 %, soit le plus bas au Québec.

Ce qui fait que le sacro-saint code d’honneur entourant le maraudage commence à s’assouplir un tantinet, admet Isabelle Blanchette, responsable des ressources humaines au Groupe RBR, qui fabrique notamment des toitures de grange et des poutrelles de plancher. Une trentaine d’emplois y sont à pourvoir en ce moment — des postes au bas de l’échelle surtout, qu’on dit de journaliers ou de manœuvres.

« La tâche est plus complexe que de visser un couvercle sur un pot de yogourt, mais si tu es capable de monter un meuble IKEA, c’est parfait pour nous ! » me raconte-t-elle en me montrant leurs installations de l’usine de Saints-Anges, où une soixantaine d’ouvriers jouent (très, très fort) de la scie, du pistolet à clous et du marteau sur fond de “toune” de Tears for Fears. « C’est une usine de gars, hein ? » dit la gestionnaire en pointant un calendrier de dames en petites culottes.

Les CV sont tellement rares que, maintenant, Isabelle Blanchette dispose d’une liste d’entreprises chez qui elle n’a pas le droit de chasser, parce que les propriétaires sont des partenaires ou des amis. Mais pour les autres… « On s’est tous transformés en employeurs gonflables, à renchérir sur les offres des uns et des autres. » Des employés bien contents d’avoir le gros bout du bâton vont jusqu’à demander d’être payés au noir. « Ça, par contre, c’est non. Je ne m’appelle pas Blanchette pour rien. »

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Source: L’actualité,

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