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La situation de l’emploi en pandémie pourrait devenir un problème à plus long terme

Les inquiétudes des consommateurs face à l’éventualité de devoir trouver un emploi pendant la pandémie pourraient signaler un problème à plus long terme pour le marché de travail du pays, a estimé lundi la Banque du Canada.

Les répondants du sondage trimestriel de la banque centrale sur les attentes des consommateurs se sont montrés moins assurés de trouver un nouvel emploi s’ils perdaient celui qu’ils détiennent actuellement.

Même si les répondants craignaient moins de perdre leur emploi actuel, ils étaient également moins susceptibles de quitter leur emploi volontairement, ce qui laisse entendre que les Canadiens demeurent préoccupés par la santé du marché du travail.

Les responsables de la Banque du Canada ont écrit que les gens ne semblent pas disposés à changer d’emploi tant que la situation ne se normalisera pas. Selon l’institution, ces résultats démontrent qu’un moins grand nombre de travailleurs vont changer d’emploi ou obtenir des promotions, ce qui pourrait peser sur la croissance future des salaires et entraîner une baisse de la productivité qui aurait un impact sur l’économie dans son ensemble.

L’enquête sur les attentes des consommateurs a été menée en novembre, alors que le nombre de cas d’infection à la COVID-19 au pays commençait à grimper, mais avant les confinements annoncés par certaines provinces.

Les confinements du printemps 2020 ont entraîné une baisse historique de l’emploi, avec la disparition d’environ trois millions de postes. Lorsqu’on leur a demandé si de nouvelles restrictions seraient meilleures ou pires sur le plan économique, les trois quarts des répondants à l’enquête ont déclaré qu’ils s’attendaient à ce que les mesures aient maintenant un impact similaire ou légèrement inférieur sur leur nombre d’heures travaillées, leurs revenus et leurs dépenses.

« La plupart des répondants ne pensent pas que la menace posée par la COVID‑19 diminuera avant le second semestre de 2021 », indique le rapport.

« Le fait que beaucoup s’attendent à un lent retour à la normale — voire, pour certains, à une absence de retour à la normalité — tend à indiquer que la crise pourrait s’inscrire dans la durée. »

À l’approche de la fin de 2020, les perspectives semblaient globalement plus positives qu’elles ne l’étaient quelques mois plus tôt. Malgré l’augmentation du nombre de cas, il y avait également des nouvelles positives concernant les vaccins.

Entreprises plus confiantes

La Banque du Canada a aussi dévoilé lundi les résultats de son sondage trimestriel sur les perspectives des entreprises. Ceux-ci ont montré une amélioration du moral des dirigeants de sociétés avec les approbations des vaccins dans les dernières semaines de l’année dernière. Ainsi, un plus grand nombre d’entreprises ont indiqué qu’elles prévoyaient embaucher et investir davantage qu’elles ne l’avaient fait à l’automne 2020.

Cependant, la banque a précisé que plusieurs entreprises ne s’attendaient pas à voir l’impact positif des vaccinations se manifester avant plus tard cette année.

Les impacts ne seront pas non plus généralisés. L’enquête sur les perspectives des entreprises a noté qu’un tiers des entreprises interrogées ne s’attendaient pas à ce que leurs ventes reviennent à leurs niveaux d’avant la pandémie au cours des 12 prochains mois.

« Malgré les chiffres optimistes qui seront présentés dans les manchettes, l’histoire sous-jacente s’entremêle au fait que les secteurs des services continuent d’éprouver des difficultés avec les restrictions en cours », a écrit Benjamin Reitzes, de la Banque de Montréal, dans une analyse.

« Pourtant, avec la distribution du vaccin, les perspectives sont plus prometteuses qu’il y a un trimestre. »

Les programmes d’aide gouvernementale en cours ont également contribué aux bonnes perspectives des entreprises.

Inquiétudes sur l’accès au crédit

Les ménages s’attendaient à ce que les taux d’intérêt restent inférieurs à leurs niveaux d’avant la pandémie pour les deux prochaines années. Mais le rapport note que les opinions sur l’accès au crédit à la consommation se sont détériorées par rapport au trimestre précédent et ont atteint « leur plus bas niveau jusqu’ici, ce qui témoigne d’un resserrement des conditions d’octroi du crédit depuis le début de la pandémie ».

La prochaine annonce de la banque centrale sur son taux d’intérêt directeur aura lieu le 20 janvier, date à laquelle elle publiera également une mise à jour de ses prévisions pour l’économie et l’inflation.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a déclaré à plusieurs reprises que le taux directeur de la banque resterait à 0,25 % — sa valeur plancher, selon l’institution —, jusqu’à ce qu’une reprise économique soit bien amorcée.

L’économiste Royce Mendes, de la Banque CIBC, a estimé que les résultats des deux sondages ne révélaient, pour la Banque du Canada, aucun besoin de prendre des mesures monétaires immédiates.

« Même si les deux enquêtes ont été menées bien avant le dernier pic de cas du virus et les fermetures nécessaires associées, elles suggèrent que les entreprises et les ménages voient la lumière au bout du tunnel », a écrit M. Mendes.

« L’érosion des anticipations d’inflation à plus long terme dans l’enquête auprès des consommateurs pourrait être un peu plus préoccupante pour les responsables de la banque centrale. »

Source : Le Devoir

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