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Les problèmes de santé mentale, cause numéro un de l’absentéisme au travail

Le télétravail a mis un frein aux rencontres entre collègues au bureau. Pour le meilleur ou pour le pire? C’est selon: travailler en pyjama plaît à certains, d’autres sont plutôt las d’avoir échangé les discussions informelles autour de la machine à café pour des réunions virtuelles. Chose certaine, difficile de percevoir les signes avant-coureurs d’une santé mentale éprouvée à travers un ordinateur. Employeurs et employés, à l’occasion de la Journée internationale de la santé mentale, voici six indicateurs clés pour mieux s’y retrouver.

Avant même la pandémie, entre 30 et 40 % des demandes de prestations d’assurance invalidité étaient liées à des problèmes de santé mentale. Représentant 70% des coûts des réclamations, ils constituaient déjà la cause numéro un de l’absentéisme.

Depuis, la tendance du nombre de demandes effectuées en raison de problématiques de santé mentale est à la hausse et les retours au travail s’avèrent plus complexes en contexte de crise sanitaire. Les secteurs de l’éducation, des relations d’aide, de la santé et de la restauration sont particulièrement touchés.

«La pandémie est venue ajouter une couche additionnelle et exacerber cette tendance-là», fait remarquer Daniel Dufour, chef de produit chez Desjardins Assurances. En plus, le manque de main-d’œuvre, davantage prononcé dans certains domaines, engendre une pression sur les employés toujours en poste, qui héritent de tâches additionnelles. L’épuisement s’accumule et provoque ainsi des départs temporaires.

Les employeurs, aux dires de M. Dufour, se questionnent de plus en plus sur les moyens à mettre en œuvre afin de bonifier les services mis à la disposition de leurs employés qui, à leur manière, souffrent. Surtout que les souffrances sont plus difficiles à déceler en mode virtuel.

«Derrière un écran, c’est important de maximiser les échanges par vidéo et d’être attentif au non verbal, parce que la communication va bien au-delà des mots. Il faut attentif aux signes qu’on pourrait noter pour identifier si un collègue pourrait avoir un besoin d’assistance», invite M. Dufour.

Pour ce faire, six indicateurs pourraient permettre de déceler le risque de problèmes de santé mentale chez des employés. «Quand il y en a un qui va moins bien, les autres sont souvent impactés.»

Comme la santé mentale constitue une «responsabilité partagée» entre employés et employeurs, tous ont le rôle de prêter attention à ces signaux de santé physique, mentale et financière interreliés, souligne-t-il.

Productivité

La productivité est un indicateur important pour les employeurs. Elle est souvent tributaire de la santé des employés, puisque ce sont eux qui font vivre et prospérer l’entreprise. La pandémie est venue diminuer la frontière entre la maison et l’emploi, soit par le télétravail, soit par l’accumulation d’heures travaillées. Certains ont donc pu se sentir moins productifs.

«Est-ce que je m’absente plus souvent qu’avant? Est-ce que j’ai des problèmes de concentration, de fatigue ? Est-ce que j’ai besoin de prendre des pauses plus longues ?» sont le type de questions que les gestionnaires et les travailleurs peuvent soulever, suggère Daniel Dufour de Desjardins Assurance.

Profil démographique

La pandémie a affecté certaines catégories de personnes plus que d’autres. Notamment en raison des secteurs de l’économie dans lesquels ils travaillaient (santé, éducation, restauration) les jeunes de moins de 40 ans et les femmes se sont retrouvés plus à risque de subir des contrecoups de la crise sanitaire.

«Est-ce que je suis plus à risque d’avoir une charge mentale plus élevée en raison de la situation que je viens de vivre ?» peut-on s’interroger à son sujet ou pour autrui.

Habitudes de vie

Les habitudes de vie, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, ont un impact direct sur la santé des gens. Certaines variables, comme l’alimentation, le sommeil et l’activité physique, sont modifiables, en cas de besoin.

«Est-ce que je suis plus triste qu’avant? Est-ce que j’ai pris du poids, est-ce que je mange plus de malbouffe qu’avant? Est-ce que ma consommation d’alcool a augmenté ? Est-ce que je suis plus dépendant aux écrans, aux médias sociaux ? Est-ce que je suis moins actif? Est-ce que j’ai tendance à me coucher plus tard ?

«Ce sont tous des indices qui nous disent : ‘’ok, est-ce que je suis dans la bonne direction ou je suis en train de développer de mauvaises habitudes de vie qui vont nuire à ma santé à long terme ?’’» soulève M. Dufour.

Bien-être financier

Différents sondages et études ont montré que les finances personnelles sont parmi les stresseurs les plus fréquemment relevés par les employés à l’effet que cet aspect de leur vie leur cause du stress et des problèmes de santé mentale, rapporte le chef de produit chez Desjardins Assurances. «Si nos finances ne vont pas bien, on peut avoir de la difficulté à dormir, on peut développer des problèmes de santé.» Surtout que la pandémie a occasionné une perte de revenus pour plusieurs individus, il faudrait se demander «est-ce que ma situation financière me rend anxieux ?» dit-il.

Engagement financier

Cet indicateur représente l’implication engagée dans sa planification financière. Une meilleure planification, soutient le spécialiste, permettrait de réduire les facteurs de stress, surtout dans un domaine complexe comme celui des finances.

Santé mentale

Puisque la proportion de gens qui sont affectés par des problèmes de santé mentale pointe vers le haut, employeurs et employés peuvent par exemple se demander s’ils sont plus isolés qu’auparavant et ainsi vérifier les signes précurseurs de tels enjeux personnels ou professionnels.

À l’image d’un feu de circulation, «si l’un des indicateurs devient jaune ou rouge», illustre M. Dufour, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide», recommande-t-il, alors que des services sont souvent disponibles auprès des employeurs et des assureurs.

Source : Le Soleil numérique, Émilie Pelletier, 10 octobre 2021

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