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Plus facile de travailler pour les personnes handicapées

La pandémie a permis à un plus grand nombre de personnes en situation de handicap de trouver de l’emploi un peu partout au Québec au moment où les entreprises essentielles se sont retrouvées en manque de personnel.

Le malheur des uns « fait le bonheur des autres », lance Jocelyne Labelle, spécialiste en stratégie d’emploi au Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées (ROSEPH). La COVID-19 a entraîné une chute inouïe de l’activité économique dans la province. Le Québec a bouclé l’année 2020 avec une perte de 208 500 emplois, du jamais-vu depuis que ces données sont compilées en 1976, rapporte l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Devant ce constat, le ROSEPH redoutait de ne pouvoir intégrer ses travailleurs sur le marché. Mais c’est le contraire qui s’est plutôt produit. « Pendant la pandémie, bien des gens ne voulaient pas travailler […], mais les entreprises essentielles devaient continuer de fonctionner, fait-elle valoir. On place plus de candidats [en situation de handicap] alors que je pensais qu’on allait avoir de la difficulté. La tendance est à la hausse. »

Shawn Mckenna, un homme de 33 ans vivant avec la trisomie 21, est l’un des heureux à s’être trouvé un emploi pendant la crise. « Chez FedEx, c’est le premier emploi de Shawn à part entière, avec un programme d’assurances, un programme de retraite et le même salaire que les autres. Et ça, c’est vraiment wow ! » laisse tomber sa mère Johanne Noël. Il a été embauché le 8 février à temps plein à l’entrepôt FedEx de Coteau-du-Lac. « Ça me donne envie de me dépasser, confie Shawn. Je suis fier ! »

Salariées à part entière

Depuis septembre, l’usine de Plaisirs gastronomiques à Boisbriand a par ailleurs embauché 20 personnes en situation de handicap par le biais du ROSEPH. Elles assemblent les salades, fabriquent les pizzas, « elles sont des salariées à part entière […] et le but est de les former et de les garder, prévient Mme Labelle. Et ça a été un succès : 80 % de nos candidats sont encore en emploi. Ça fait 40 ans que je suis en restauration et je n’ai jamais vu ça. La pandémie a vraiment augmenté la pénurie de main-d’œuvre », laisse tomber Stéphane Patenaude, propriétaire de neuf Tim Hortons dans la région de Lévis.

Fiables

Depuis le début de la crise sanitaire, deux employés en situation de handicap se sont joints à son équipe.

« Ils font de la salle à manger, aident à la préparation, ils font le ménage. Ils ont des limitations, mais, nous, on compose avec ça parce que ce n’est pas important par rapport à ce qu’ils apportent aux restaurants », affirme l’entrepreneur. Puis, « c’est tellement valorisant de travailler avec eux. Ils sont fiables et toujours au poste », ajoute-t-il. « Des entreprises se plaignent qu’elles manquent de monde », rappelle Mme Labelle. Et pour la chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) Julia Posca, l’embauche des personnes en situation de handicap « fait clairement partie de la solution » pour contrer cette pénurie.

Un premier boulot en pleine pandémie 

La crise sanitaire n’aura pas empêché un jeune homme de 33 ans atteint de trisomie 21 de décrocher son « premier vrai emploi » dans un entrepôt. « Je suis devenu un vrai adulte quand j’ai commencé chez FedEx. Je suis content de faire partie de la crème de la crème », plaisante Shawn Mckenna, qui est employé à l’entreprise de transport depuis le 8 février, à l’entrepôt de Coteau-du-Lac, en Montérégie.

Shawn travaille à une quinzaine de kilomètres de Salaberry-de-Valleyfield où il demeure avec ses parents. Il doit se lever à 5 h tous les matins et avoue être « très heureux » avec son nouvel horaire. « Avant je travaillais au Collège de Valleyfield pour les dîners de 10 h 30 à 14 h. Je me couchais tard le soir et je me levais tard. J’avais un horaire moins straight mettons », raconte-t-il.

Accommodements abordables

Le programme de solidarité sociale du gouvernement du Québec verse 1298 $ par mois aux adultes ayant des contraintes sévères à l’emploi. Ils étaient 120 000 en 2019, selon les chiffres du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Comme Shawn, qui a commencé à titre de stagiaire chez FedEx, ils sont généralement embauchés pour du travail non rémunéré dans les entreprises afin de ne pas perdre leur aide sociale.

Mais « certaines compagnies ont une ouverture, comme FedEx qui voulait engager des personnes avec une déficience intellectuelle », souligne sa mère, Johanne Noël. L’idée, selon Jocelyne Labelle du Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées, est d’offrir « certains accommodements » aux personnes en situation de handicap.

« Du transport adapté, la possibilité de faire du temps partiel », entre autres, énumère Mme Labelle. « Et ce sont des mesures qui ne coûtent pas très cher », ajoute la spécialiste.

Source : Le journal de Montréal

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