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Réinventer son emploi: «Le marché du travail est encore en convalescence»

Pertes d’emplois par centaines de milliers, secteurs de l’économie malades, travailleurs épuisés qui ont dû changer de métier en quatrième vitesse pour passer à travers les vagues de confinement… Les Québécois ne sont pas à la veille de retrouver le marché du travail d’avant la pandémie, estime Hélène Bégin, l’économiste principale de Desjardins.

Le Québec est-il en pénurie de main-d’œuvre malgré la crise ?
Parler de pénurie de main-d’œuvre à ce stade-ci, je trouve cela un peu inconfortable. Honnêtement, quand le taux de chômage était à 4,5 % et qu’il manquait d’emplois dans toutes les régions et tous les secteurs, d’accord, mais je trouve délicat de parler de pénurie de main-d’œuvre, mais je ne nie pas que dans certains secteurs, il y en a.

Mais le taux de chômage n’est-il pas encore très faible ?
Le taux de chômage au Québec était à 6,7 % en décembre dernier. Il est plus élevé que le creux historique de 4,5 % que l’on a eu en février 2020, donc inévitablement il y a encore des secteurs qui sont en pénurie de main-d’œuvre, mais ce ne sont pas tous les secteurs parce que, globalement, il y a plus de travailleurs disponibles, à la recherche d’un emploi, qu’avant la pandémie.

Quels secteurs sont les plus touchés par la pandémie ?
Il y a plusieurs secteurs qui sont loin derrière et qui sont encore frappés par des mesures de distanciation sociale et de fermeture même depuis octobre. Hébergement, restauration, culture et loisirs, transport et entreposage – on parle ici davantage du transport aérien –, ces trois secteurs n’ont pas récupéré les emplois perdus lors de la première vague.

Le marché du travail est-il encore gravement malade ?
Le marché du travail est encore globalement en convalescence. L’emploi au Québec a baissé en octobre, en décembre. On s’attend à d’autres baisses en janvier. […] Le marché était loin d’avoir réussi à récupérer les emplois de la première vague et la deuxième vague commence à faire sentir ses effets. Il y a beaucoup d’employés de qualité en restauration, par exemple, qui sont allés travailler dans d’autres domaines, alors on se demande maintenant si ces industries auront assez de main-d’œuvre quand elles pourront enfin rouvrir.

Que voulez-vous dire par là ?
Par exemple, en restauration, il y a beaucoup d’employés de qualité qui sont partis travailler dans d’autres domaines, alors les restaurants se demandent s’ils auront assez de main-d’œuvre quand ils rouvriront pour de bon. Quand ils vont rouvrir, est-ce que les gens seront encore disponibles ? Quand les restaurants ouvriront, est-ce qu’ils auront assez de cuisiniers et de serveurs ? Est-ce que les gens qui ont fait une reconversion d’emploi seront de retour ?

Craignez-vous aussi d’autres faillites ces prochains mois ?
Oui, il y aura aussi beaucoup de faillites. On l’a vu dans le commerce de détail, mais il y en aura aussi en restauration et en hébergement. Les programmes gouvernementaux aident avec des prêts. Les gens s’endettent davantage, mais quand ça repartira, il faudra payer en plus.

Quels sont alors les secteurs d’avenir ?
Ce sont toujours les secteurs de pointe liés à la recherche : les jeux vidéo, le secteur médical, etc. En même temps, on avait l’aéronautique ; or, on sera encore quelques années à subir les impacts de la situation actuelle. La pandémie bouscule un peu les secteurs d’avenir. L’aéronautique en était un, or on s’entend que ce sera difficile pendant quelques années. Il faut faire attention.

Source : Le journal de Montréal – Entrevue de L’économiste principale de Desjardins, Hélène Bégin

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